3-4. Le lieu très saint

Pour y pénétrer, non seulement il faut passer par le second voile qui est orné de chérubins, mais il faut surtout être souverain sacrificateur. Même avec cette fonction, il n’est pas laissé à la libre appréciation, de l’homme de décider quand il peut ou quand il veut, ou quand il doit entrer en ,présence de Dieu. Une règle très stricte a été donnée à Aaron suite à la révolte de ses fils et à leur méconduite. Il se dégageait des lieux saint et très saint une atmosphère de solennité très profonde. Je me permets d’ajouter ici une précision d’ordre technique afin d’éviter tout quiproquo avec les connaisseurs de la théologie du sanctuaire. La majorité des théologiens, en tout cas dans l’église adventiste du 7e jour donnent au rideau séparant le lieu saint du lieu très saint, la qualification de 2e voile. Or pour mémoire je rappelle et souligne que :

  • Le 1er voile sépare le parvis extérieur du parvis intérieur du sanctuaire.
  • Le 2e voile marque la limite entre le parvis intérieur et le lieu saint.
  • Le 3e voile est bel et bien celui qui sépare le lieu saint du lieu très saint. Beaucoup préfèrent pourtant l'appeler le second voile, car la maison d'or, le sanctuaire était le cœur de l'édifice qui retenait et mobilisait toute l'attention du peuple. La lumière du chandelier projetait des éclats lumineux renforcés par les reflets produits par les parois recouvertes d'or. Il y a là une merveilleuse leçon spirituelle, confirmée par le 1er chapitre du livre de l’Apocalypse déjà mentionné précédemment. Le croyant Juif était appelé, et le chrétien l’est tout autant aujourd’hui sinon plus, à être porteur, réverbérateur et révélateur de la lumière de Dieu. La mission incombe bien entendu aussi à l'Église. Cela demande un effort, car si connaître le B. A. BA de la Bible est à la portée de n'importe qui, découvrir le vrai sens des textes inspirés réclame persévérance, engagement et recherche.

Il a fallu beaucoup de temps et non moins de soins et de précautions pour broder mais aussi et surtout pour conserver toutes les tapisseries et tentures du tabernacle durant les 40 années d'errance dans le désert. Mais notre attention ne doit pas être retenue par ces éléments qui s’ils étaient certainement magnifiques n’étaient pourtant que secondaire.

La pièce maîtresse du lieu très saint était en effet l'arche de l'alliance. Ce coffre a été nommé de divers noms. Ce qui est certain, c'est que l'arche du témoignage était le lieu de la révélation de Dieu par excellence. Ex. 25 affirme nettement que c'est là que Dieu voulait parler et se révéler au peuple à travers Moïse. C'est probablement pour cette raison que lorsque Jérôme a traduit la Bible de l'hébreu en latin, il a parfois utilisé le terme « oraculum » pour désigner ce qui est souvent appelé le « propitiatoire. » Cet élément était en fait le couvercle de l'arche. Nous devons découvrir et être conscients que « l'oraculum » n'était autre que l'endroit, le lieu où Dieu parlait à son serviteur, à son représentant. Sur ce couvercle avaient été placés 2 chérubins comme pour inviter les Juifs à ne pas s'en approcher n'importe comment, sans adopter la conduite adéquate. Ces anges gardiens font inévitablement penser à ceux qui ont été positionnés à la sortie du « jardin d'Eden » après la chute, lorsque Adam et Eve ont été chassés. Ge 3. Mais il me semble qu’il y a un autre objectif. Ils enseignent qu'il n'est pas possible de « jouer avec la vie divine. »

Il faut ici signaler une expérience qui a été tentée par le petit fils de Denis Papin. Cet homme a reconstruit une arche aussi précisément et scrupuleusement que possible, selon les indications apportées par la Bible. Une fois confectionnée, il l'a placée dans le désert en plein soleil. Quelle n’a pas été sa surprise de constater que cette arche fonctionnait exactement comme une bouteille de "Leid", à savoir un condensateur électrique. Celle du désert était-elle ainsi ? Nulle ne le sait. Ce qui est évident néanmoins c'est qu'en reconstruisant une arche en respectant scrupuleusement les indications bibliques quant aux mesures et aux matériaux, et en utilisant donc du bois d'acacias recouvert d'or, on obtient une sorte de condensateur électrique. Est-ce pour cette raison que seul les sacrificateurs étaient autorisés à porter l'arche et à la toucher ? La Bible révèle qu'ils portaient une chaîne d'or qui traînait jusque par terre, faisant ainsi probablement office de "mise à la terre". Ils étaient ainsi, sans doute, protégés contre cette condensation électrique.

Si cette explication est la bonne, elle permet de mieux comprendre l'expérience douloureuse d'Uzza, qui a été foudroyé au moment où il a essayé de rattraper l'arche qui était en train de tomber. On ne peut expliquer cet événement que de 2 manières. 2 Sa 6. 3 à 8.

Une punition divine face à la désobéissance ? Dieu aurait foudroyé Uzza car il aurait été désobéissant. Ce Dieu là serait non seulement étonnant, mais déconcertant.
Ex 34. 6. No 14. 18.

La dure réalité d’une loi naturelle inexplicable ? Il existe heureusement une autre approche beaucoup plus « séduisante », car plus conforme à l’idée que je me fais de Dieu à la lecture de la Bible et cadrant mieux avec une réalité physique objective. Il n'y a me semble-t-il, aucun doute sur le fait que Dieu utilise parfois des éléments naturels pour donner des enseignements surnaturels. Le moyen le plus naturel pour enseigner un élément surnaturel que les chrétiens connaissent très bien, c'est l'eau du baptême. En effet, qu'y a-t-il de plus surnaturel que de revivre ? C'est l'eau naturelle du baptême qui enseigne cette vérité au nouveau croyant. A partir de là, employer l'électricité pour donner un autre enseignement ne me pose pas de problème. A cette époque, Dieu ne pouvait entrer dans des explications incompréhensibles pour ces hommes qui ne connaissaient rien, à l’électricité. Il ne pouvait que se contenter de donner une interdiction formelle de toucher l’arche, excepté pour les sacrificateurs qui étaient équipés d’une protection adaptée.

L’arche était couverte par un couvercle surmonté de 2 chérubins protecteurs. Ce couvercle portait le nom de propitiatoire, terme peu sympathique en français. Il a été rendu par « Mercy seat » en anglais c'est à dire siège de la miséricorde, et par « Gnaden stuhl » en allemand. Quelle différence de sens avec le terme propitiatoire si souvent privilégié par les traducteurs francophones ! Ce terme propitiatoire donne le sentiment, l'impression que Dieu est en colère contre le pécheur et que si personne ne le rend propice à l'homme en rupture de contact avec son Créateur, l'Eternel sera contre lui. Paul dénonce cette mauvaise compréhension des choses dans son épître aux Romains. Ro 8. 31. « Que dirons-nous donc à l’égard de ces choses ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » Il y a dans ce verset la clé de la véritable révélation de toute la Bible, la clé de toute la théologie. Dieu est pour nous ! Quel soulagement, la mauvaise impression dégagée par le terme propitiatoire n’est qu’un faux problème, car en réalité uniquement problème de traduction.

Dans l'arche de l'alliance étaient déposés 3 symboles porteurs d'un message fort pour le peuple et pour le monde. J’en rappelle très brièvement les principaux enseignements. Ceux qui veulent approfondir ce thème pourront se reporter à l’étude sur le sanctuaire intitulée : « L’Evangile selon Moïse. »

  • Les 2 tables de la loi écrites recto et verso, pour montrer que rien ne doit y être rajouté, ni retranché. Ces tables sont l'expression de la volonté de Dieu qui révèle les lois de la vie. Dieu pourvoit à la protection et à la bonne santé morale de l’humanité.
  • Une urne avec la manne, symbole de la sollicitude de Dieu et du soin, de la considération qu'il porte à ses créatures. Dieu offre la nourriture aux hommes afin de leur permettre de vivre en harmonie avec sa volonté.
  • La verge d'Aaron qui a joué un rôle essentiel à plusieurs reprises dans la vie du peuple. Elle symbolisait l'autorité que Dieu avait confiée à ses serviteurs.

A propos de l'arche de l’alliance, voici ce que déclarait E. G. White, un auteur du 19e siècle. « Cette arche sainte rappelait les manifestations prodigieuses de son pouvoir. Chaque fois qu'elle était apparue aux premiers jours d'Israël, des victoires extraordinaires avaient été enregistrées. Elle occupait le lieu très saint du tabernacle. Couverte par les ailes des deux chérubins d’or et enveloppée de la gloire de la shékinah, elle était le symbole visible du Dieu très-haut. […] Les Israélites ne voyaient pas que leur religion formaliste les privait de la puissance de Dieu. (De tout contact avec Dieu, donc de toute efficacité à cause de leur foi théorique.) L’arche était pour eux le symbole de la présence divine ; mais ils violaient effrontément la loi qu'elle renfermait, et chassaient loin d'eux la présence du Saint-Esprit. Dans ces conditions, l'arche ne leur était pas plus utile qu'un sarcophage ou un coffre quelconque. En outre Israël en était venu à regarder l'arche de la même façon que les païens de regarder leurs dieux, et à se figurer que la force et le salut résidaient en elle. Le culte qu'il rendait à l'arche n’était que du formalisme, de l'hypocrisie et de l'idolâtrie. » (1)

Un commentaire de 2 Ch. 36. 7 mérite d'être considéré. Le texte rapporte que lors de la prise de Jérusalem par Nébucadnetsar, quelques justes décidèrent de placer l'arche hors d'atteinte des païens impénitents. E. G. White écrit encore au sujet de cet épisode historique : « Tristes, versant des larmes, ils enlevèrent secrètement l'arche et la cachèrent dans une grotte. Elle devait rester là, dans cet endroit ignoré du peuple d'Israël et de Juda, à cause de leurs péchés ; et elle ne leur serait plus jamais restituée. Cette arche sainte est toujours cachée ; elle n'a jamais été déplacée depuis lors. » (2)


(1) Ellen G.White. Patriarches et Prophètes.1972. p.572. Ed. Vie et Santé
(2) Ellen G.White. Prophètes et rois.1972. p.346. Ed. Vie et Santé

Bible ouverte

Tes paroles se sont trouvées {devant mot) et je les ai dévorées. Tes paroles ont fait l'agrément et la joie de mon cœur ; car ton nom est invoqué sur moi, Éternel, Dieu des armées !

Jérémie 15.16

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